Observation locale
Les Etablissements Publics de Coopération Intercommunale (EPCI) ou les
communes
ayant un contrat urbain de cohésion sociale sur leur territoire de
compétence doivent
s’organiser pour satisfaire à la mise en place d’une observation
locale. L’enjeu est double :
il s’agit, d’une part, de préparer chaque année un rapport unique
devant donner lieu à
un débat local sur la politique de la ville posé par la loi du 1er août
2003, et d’autre part
d’alimenter la réflexion sur la
pertinence et l’évolution de la géographie prioritaire posée
par la
loi de
finances 2008 (Art. 140).
La plupart des indicateurs recensés par la loi
du 1er août 2003, ainsi
que de nombreux
aspects des thématiques auxquelles ils se référent, relèvent des
domaines de compétence
de l’État central ou des institutions nationales. Les informations
mobilisées n’épuisent
cependant pas les champs de l’observation et ne permettent pas,
notamment, de rendre
compte de manière complète des spécificités locales. Les collectivités
locales ont ainsi
la responsabilité de nourrir et de construire une observation locale
capable de mettre en
avant les enjeux locaux.
La loi
de
finances de 2008 a adopté un amendement visant à unifier au
sein d’un même document les trois rapports que chaque collectivité
territoriale doit élaborer sur sa gestion de la politique de la ville,
et ce afin de mieux organiser la centralisation des informations qu’ils
contiennent et en faciliter l’exploitation :
- Un rapport sur la dotation de solidarité urbaine (DSU) (article L.
2334-19 du code général des collectivités territoriales) ;
- Un rapport sur les politiques conduites dans les ZUS (article L.
1111-2 du code général des collectivités territoriales) ;
-
Un rapport annuel sur la mise en oeuvre des Cucs (circulaire du 24 mai
2006 relative à l’élaboration des Cucs s’appuyant sur l’article L.
1111-2 du code général des collectivités territoriales).
La difficulté de capitaliser des données infracommunales oblige par
ailleurs à rechercher
une bonne articulation entre les différents dispositifs à l’échelon
national, régional ou
local afin, notamment, de ne pas doubler les démarches de collectes de
données et
les partenariats. Pour bénéficier d’informations fiables et homogènes à
l’échelle des
ZUS (parfois des IRIS), des communes et des unités urbaines,
l’Observatoire
national
des zones urbaines sensibles (Onzus) collabore étroitement
avec les directions
statistiques des
différents ministères ainsi qu’avec l’Insee.
Les conventions passées
avec ces différents
partenaires assurent une alimentation régulière et pérenne de l’Onzus.
Celles-ci permettent
notamment de mettre en oeuvre un véritable travail de comparabilité des
situations des
ZUS et des collectivités territoriales à l’échelle du territoire
national.
Un nombre important de données infracommunales ne
sont cependant pas encore aujourd’hui agrégées à l’échelle du
territoire national
et nécessitent la mise
en place de partenariats spécifiques organisés à une échelle régionale,
départementale, ou d'agglomération.
Il s’agit notamment de données sur des thèmes comme la pauvreté et la
précarité, l’offre
de services publics, les transports, l’accès aux soins... La mise en
place d’une observation infracommunale sur l’ensemble
d’une agglomération devra être l’occasion de capitaliser au mieux
l’ensemble des données et des compétences au sein d'une démarche
partenariale.
Guide méthodologique de l'observation locale
Dans le
prolongement de la démarche initiée par la loi
du 1er août
2003 et des objectifs développés dans
le cadre des contrats urbains de
cohésion sociale, la Délégation
Interministérielle à la Ville a
souhaité mettre
à disposition des acteurs locaux de la politique de la ville
un ensemble
d’outils et de méthodes à
même d’accompagner le développement de
l’observation
des quartiers prioritaires. Dans la volonté de mobiliser au
mieux les savoirs
et les compétences, elle s’est associée
à la Fédération Nationale des Agences
d’Urbanisme (FNAU)
pour produire un guide
méthodologique.
La
totalité du document a donné lieu à une
publication papier accompagnée d’une
note stratégique précisant la démarche
initiée par les services de l’Etat et
les relations entre acteurs.
Dix fiches thématiques présentent chacune une série de
questionnements, les sources de
données statistiques à mobiliser,
ainsi qu’une sélection d’indicateurs
permettant de traiter chacun de ces
questionnements. Les indicateurs proposés ne comportent pas
de caractère
obligatoire et selon les questionnements retenus localement, il
appartient aux
acteurs d’organiser leur dispositif d'observation et un
débat public annuel.
Ces fiches ont été entièrement intégrées dans le site :
- Population, démographie
- Economie, emploi, insertion
- Niveaux de vie et pauvreté
- Logement, rénovation urbaine,...
- Education
- Sécurité
- Santé
- Cadre de vie, équipements et GUP
- Vie sociale, citoyenneté
- Accessibilité, Transports publics
Télécharger la version électronique de la publication
"observation locale et politique de la ville" sur le site de la DIV :
http://www.ville.gouv.fr/article.php3?id_article=318
Ce guide vient
compléter, entre
autres, le Guide
de l’évaluation des CUCS (V2) édité par la DIV. La plupart
des indicateurs
proposés ici ont, en effet, le cas
échéant, vocation à
intégrer un référentiel
d’évaluation. La construction
d’indicateurs de suivi, de réalisation et
d’impact nécessite, toutefois, la
définition préalable d’objectifs de
politique
publique et la mise en place d’un questionnement
évaluatif. La formalisation de
ce questionnement constitue en effet l’étape
nécessaire à la consolidation
d’une statistique d’observation en un indicateur
d’évaluation.
Ces
documents doivent permettre d’engager ou d’orienter
le dialogue avec les
fournisseurs de données, notamment les directions
régionales de l'INSEE, en
tenant compte des sources déjà
négociées au plan national pour l'observation
des Zones Urbaines Sensibles et des autres quartiers prioritaires des
CUCS.
L’élaboration d’une convention entre les
fournisseurs et l’utilisateur des
données constitue le cadre privilégié
d’un tel partenariat. Elle garantit un accès
régulier aux données dans le respect des
règles du secret statistique et de la
confidentialité des fichiers.
Répertoire des systèmes d’observation locaux de la politique de la ville
Ce répertoire, coproduction de la
Délégation interministérielle
à la ville et de la Fédération nationale des agences d’urbanisme
(FNAU), s’inscrit
dans
une démarche de soutien à l’observation locale et vise à faire
connaître les dispositifs
d’observation existants. Début 2008, quarante-cinq dispositifs
d’observation de la politique de
la ville ont été
répertoriés au plan national : trente-et-un sont
gérés par une agence d’urbanisme, cinq par des EPCI ou communes, quatre
par un
bureau d’étude ou une université, trois par une direction régionale
Insee et deux par un
centre de ressources de la politique de la ville.
Chaque observatoire présente les thématiques suivies, les échelles
déclinées, les sources
mobilisées ainsi que des contacts pour faciliter l’échange
d’expériences. Les observatoires
présentés dans ce répertoire réalisent des études sur les quartiers en
politique de la ville
et mobilisent, pour ce faire, des données infracommunales. Ce
répertoire est évolutif, les
observatoires peuvent s’y référencer en ligne sur
http://i.ville.gouv.fr/Data/Obslocal.php
